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Culture & Société >> Arts Visuels
Larry Rivers
« Contempler une œuvre d’art ou l’engendrer, faire l’amour, même… Je sus qu’aucune émotion n’égalerait jamais celle qui m’envahissait lorsque je jouais de la musique » - Larry Rivers
The Arts Arena | Traduit de l'américain de HARRIET LYE par Marie Belorgey
Larry Rivers (1923- 2002) débuta comme musicien de jazz à New York.  Il fut peintre, sculpteur et poète ; il fut acteur, vedette de télévision, réalisateur de films, scénographe, maître de cérémonies dans les boîtes de nuit, professeur d’université – activités par lesquelles il se rendit particulièrement populaire-, et écrivain.

Bien qu’il soit difficile, en raison du caractère éclectique et foisonnant de ses contributions artistiques, de replacer l’œuvre de Rivers dans un contexte, il est en général admis comme étant l’un des pères fondateurs du Pop Art. Andy Warhol lui-même reconnaît l’influence de Rivers dans l’émergence de ce mouvement et dans son propre travail : « Le travail de Larry était unique – ce n’était ni de l’expressionnisme abstrait ni du Pop art, c’était entre les deux. Mais sa personnalité était très Pop. » Le travail de Rivers s’élabora ainsi dans un dialogue incessant entre l’univers Pop et l’expressionnisme abstrait et, en tant qu’artiste de transition influent, il sut établir un vaste pont entre les deux mouvements. Souvent décrit comme un "artiste rétrograde", Rivers signait son indépendance face aux expressionnistes abstraits par ses explorations figuratives : sa série de nus de 1954 illustra ses talents de dessinateur et ses tendances culturellement provocatrices.

Né Yitzroch Loiza Grossberg, dans le Bronx, il adopta le nom de Larry Rivers en 1940 après avoir été présenté comme « Larry Rivers and the Mudcats» dans un club New Yorkais. En 1942, il s’engagea dans l’armée de l’air américaine, mais fut réformé la même année pour raisons médicales. En 1944, il commença ses études de théorie et composition musicale à la Juillard School of Music. Il y rencontra Miles Davis et Charlie Parker, avec lesquels il se lia d’amitié.

En 1945, un camarade musicien, Jack Freilicher, montra à Larry Rivers une oeuvre de Georges Braque qui lui fit grande impression : inspiré par la philosophie et la peinture cubistes, il décida d’expérimenter lui-même ce médium et s’inscrivit de 1947 à 1948 à la école de Hans Hofmann. Il poursuivit ces études jusqu’à être diplômé d’art de la New York University. À cette époque, aussi improbable que cela puisse paraître, on pouvait surprendre Rivers en train de peindre à la manière d’Emile Bonnard. Gregory Galligan, un spécialiste de l’art moderne français et américain, explique, en référence à Bonnard, que « La technique post-impressioniste consistant à associer une esthétique fondée sur les jeux optiques de la couleur et la tradition figurative avait fasciné Rivers ». La sensibilité protéiforme et avide d’improvisation de l’artiste le conduisit  ensuite à Paris où il demeura pour l’essentiel des années 1950. C’est alors, surtout au Louvre, qu’il découvrit les gigantesques peintures historiques qui ont marqué son œuvre. De retour à New York, il s’installa comme peintre à plein temps et s’intégra rapidement à la nouvelle génération du « Réalisme gestuel » qui comprenait Milton Avery, Will Barnett, Robert Goodnough, Grace Hartigan, Jasper Johns, Lester Johnson, Alex Katz, Philipp Pearlstein et Robert Rauschenberg.

En 1949, Rivers fit sa première exposition personnelle à la Jane Street Gallery, à New York. John Ashbery, Kenneth Koch et Frank O’Hara étaient de ses amis. O’Hara affirma que Rivers «  était entré en scène comme un téléphone en délire. Personne ne savait s’il fallait le mettre dans la bibliothèque, dans la cuisine ou dans les toilettes, mais il était électrique. » C’est Rivers qui réalisa le décor de la pièce de O’Hara « Try ! Try ! » et, en 1957, les deux hommes collaborèrent pour « Stones », un assemblage de textes poétiques et d’images déclinés en lithographie. Ce fut le premier projet pour la compagnie de Tatyana Grosman, Universal Limited Art Editions (ULAE). Rivers conserva beaucoup d’intérêt pour les travaux collectifs et s’associa également avec le poète Kenneth Koch pour une collection d’image-poèmes « New York 1959-1960 ». En 1961, il rencontra Jean Tinguely avec qui il réalisa plusieurs oeuvres, dont « The friendship of America and France » exposée au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Rivers travailla également à l’adaptation cinématographique d’une pièce de Jack Kerouac intitulée « Pull My Daisy », avec Allen Ginsberg, Gregory Corso, Peter Olovsky, David Amram, Richard Bellamy, Alice Neel, Sally Gross, Pablo Frank, racontée par  Kerouac en personne.

Rivers remporta le troisième prix de la compétition nationale de peinture à la Corcoran Gallery pour son œuvre  « Self-figure », en 1955. Au cours de la même année, le Whitney Museum acheta l’œuvre intitulée « Double portrait of Berdie ». Sa première rétrospective complète eut lieu en 1965 et présentait 170 œuvres comprenant peintures, dessins, sculptures et multiples. L’exposition circula dans cinq musées américains. Il acheva « The History of the Russian Revolution : From Marx to Mayakovsky » pour l’inclure à l’exposition lors de sa dernière halte, au Jewish Museum et affirma de cette œuvre qu’elle était  « ou bien la plus grande œuvre associant peinture, sculpture et techniques mixtes du vingtième siècle, ou bien la plus stupide ».

 Pendant les années 1960, au sommet de sa carrière, il continua à peindre de façon figurative et introduisit régulièrement des éléments typographiques et photographiques à ses travaux. Ses œuvres sont intelligentes et ironiques, et ses thèmes de prédilection vont de l’érotisme aux préoccupations d’ordre social. Il est célèbre pour avoir repris et réinterprété les peintures classiques : en 1953, il acheva sa parodie de l’œuvre d’Emmanuel Leutze datée de 1851, « Washington Crossing the Delaware »,  que le Museum of Modern Art acquit en 1955.  Rivers disait de cette toile : « elle allait pousser mon style pictural, mon trait de fusain, et la plaisanterie, à un nouveau degré. Le mélange du grand art et de l’absurdité m’habite depuis le début. » En 1993, il acheva sa version de  « La Liberté menant le Peuple »(1830), de Delacroix, et l’intitula « Delacroix 1830 » : le tableau original de Delacroix dépeint une émeute populaire « rassemblée autour de l’allégorie de la liberté brandissant un drapeau, au cours de la révolution de 1830. La version de Rivers inclut un portrait de Delacroix – l’artiste héroïque étant, à n’en pas douter, une référence personnelle - à la toile de fond. »

Rivers élabora également les décors et les costumes de l’ « Oedipus Rex » de Stravinsky, une performance réalisée avec le New York Philharmonic, dirigé par Lukas Foss, et installée dans un ring de boxe ; il réalisa un documentaire filmé en Afrique avec Pierre Gaisseau, intitulé « Africa and I »  et acheva « Some Américan History » pour la De Menil Foundation.  Les séries « Golden Oldies », sur lesquelles il commença à travailler en 1978 sont cohérentes avec ses efforts d’investigation dans le domaine historique et un souci de rester réfléchi et pertinent : il y réexamine ses propres recherches des années 1950 – 1960.

Dans les années 1990, le travail de Rivers fut intégré dans un grand nombre d’expositions importantes: une rétrospective de ses dessins et peintures, « Public and Private », tourna aux Etats Unis jusqu’en 1992. A l’automne 1991, Rivers fut intégré à l’exposition « Pop Art », à la  Royal Academy of Arts à Londres et à «  Réalisme américain et Art figuratif », qui fut donnée dans cinq musées japonais. L’exposition « Copier/Créer de Turner à Picasso, 300 œuvres inspirées par les maîtres du Louvre » organisée par le Louvre en 1993 à Paris, comprenait plusieurs de ses travaux. «Handpainted Pop : Américan Art in Transition 1956-1962 », exposition qui se tint d’abord au  Museum of Contemporary Art in Los Angeles et fut ensuite déplacée au Whitney Museum de New York en 1993 incluait aussi des œuvres de Rivers. L’une de ses œuvres tridimensionnelles fut sélectionnée pour l’exposition « Slittamenti », un volet de la biennale de Venise. Une rétrospective exceptionnelle eut lieu à la Corcoran Gallery of Art de Washington au cours de l’été 2002.
 
En 1997, Rivers s’interessa à la mode et, en 1999, il fit une exposition sur ce thème à la Marlborough Gallery, à New York, intitulée « Fashion Show ». Trois mois avant sa mort, il travaillait encore à une nouvelle « Fashion Show ». Il mourut en août 2002 et eut les honneurs de la première page du New York Times. « Rivers, durant une bonne partie de sa carrière, fut considéré par les observateurs et les critiques comme un révolutionnaire, s’opposant aux mouvements en vogue pour éprouver le frisson du défi lancé au statut quo », exprima Jacquelyn Serwer, conservatrice en chef de la Corcoran. « A présent nous pouvons considérer les élans de rébellion de Rivers comme ceux d’un authentique novateur dont les idées, jadis subversives, sont aujourd’hui entrées dans le répertoire de l’art contemporain. »
 

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